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de Laurent Mauvignier
Laurent Mauvignier est un auteur français, lauréat du prix Goncourt 2025 pour son roman «La maison vide »
Ce roman retrace le voyage de Sybille, qui emmène son fils, Samuel, adolescent, en voyage à cheval à travers
le Kirghizistan, pour le sortir de son mal être et pour soigner, elle aussi, ses blessures personnelles.
Le processus narratif est construit autour de constants retours en arrière pour faire défiler, par petites touches,
les événements qui ont conduit ces personnages à se trouver là et à être ce qu’ils sont.
En 2018, ce livre est adapté en film par Joachim Lafosse.
Il semble être inspiré d’une histoire vraie, relatée dans « Dans les pas du fils » de Renaud & Tom François, le
père et le fils, avec la rédaction de Denis Labaye.
Les lectrices ont apprécié cet ouvrage, pour ses qualités littéraires, le sujet et la manière dont il est traité.
Elles ont été touchées par l’authenticité des personnages, la profondeur des sentiments exprimés.
Mais les personnages ne sont pas idéalisés : la mère a des problèmes d’alcoolisme, de dépression,
d’instabilité ; le fils a des comportements masculinistes, racistes, est dans le jugement constant de l’attitude de
sa mère.
Le père est présent dans l’histoire même s’il n’est sur place qu’à la fin mais il n’abandonne pas son fils.
Le livre débute avec une scène forte campant d’emblée le décor et les deux personnages principaux.
La mère est désespérée, notamment par le comportement de son fils qui l’a motivé à entreprendre ce voyage,
mais également déterminée . C’est une quête de la rédemption, pour elle, pour lui.
Les thèmes d’incommunicabilité entre la mère et le fils, de transmission, d’évolution des êtres et l’espoir,
malgré les obstacles, sont constamment présents.
Dans cette nature belle mais rude, la place des chevaux et leurs liens avec les humains est primordiale.
Ce qui va sauver ce voyage, malgré les incidents dramatiques auxquels ils sont confrontés, c’est la découverte
par le fils des écrits de sa mère. Il peut enfin comprendre la femme qu’elle est et le lecteur a les réponses à ses
questionnements.
Livre d’émotions, de questionnements, d’évasion.

UN CHOIX DE NOUVELLES
De Véronique Ovaldé, Marc Dugain, Pete Fromm
Marc Dugain est un écrivain français, plutôt auteur de romans dont « La chambre des officiers ». L’ouvrage
présenté, paru en 2008 semble être son unique recueil de nouvelles.
Pete Fromm est un écrivain américain originaire du Wisconsin.. Romancier et nouvelliste, il est l’auteur d’
« Indian Creek », roman autobiographique de son expérience dans les Rocheuses.
Véronique Ovaldé est une écrivaine française, autrice de « Ce que je sais de Véra Candida ». Le recueil de
nouvelles présenté est paru en 2024.
Commentaires
« En bas les nuages » de Marc Dugain,
Des lectrices ont apprécié les ouvrages de cet auteur mais plutôt les romans car globalement, cet ouvrage a
lassé et la plupart n’ont pas lu la totalité des nouvelles.
Une des idées récurrentes est un monde actuel d’hommes blancs, plutôt antipathiques et caricaturaux, assez
satisfaits d’eux mêmes. Ces personnages expriment peu leurs émotions.
Les « chutes » des nouvelles ont déçus comme si l’auteur avait du mal à leur trouver une fin.
« Avant la nuit »de Pete Fromm,
La toile de fonds de toutes ces nouvelles est la passion de la pêche à la mouche et les relations entre les
personnages (mari / femme, père / fils..)
Les lectrices ont apprécié l’atmosphère de ces textes, dans ces paysages du Montana où l’eau coule en
résonance avec les émotions et sentiments des humains, la tendresse exprimée avec retenue.
Certaines ont tout de même été lassées par les descriptifs de pêche, beaucoup l’ont lu avec des interruptions
entre les nouvelles. Toutes ont retenu la qualité de l’écriture.
« A nos vie imparfaites » de Véronique Ovaldé.
Ce livre a été apprécié, même si certaines ont été gênées car des nouvelles sont liées entre elles par des
personnages communs, comme si l’autrice souhaitait un roman mais n’avait pas été au bout de sa tâche.
Les lectrices ont apprécié l’écriture et qualifié l‘autrice de « gourmande de mots ».
L’ensemble apparaît inégal mais pétillant, savoureux, on ressent l’humour malgré les fêlures et les femmes,
globalement se sortent de leur épreuves petit à petit.
L'INCONNUE DU PORTRAIT
De Camille de Peretti
Camille de Peretti est une écrivaine française, qui a publié une dizaine de romans, explorant des domaines
littéraires différents : autofiction, romans historiques, biographies…
« L’inconnue du portrait » est un roman qui mêle histoire romancée, histoire de l’art et Histoire, autour d’un
tableau de Klimt, Portrait d'une dame, retouché par le peintre, volé, disparu et réapparu. Autour de ces faits
réels avec beaucoup de zones d’ombres, l’autrice a écrit ce qu’elle nomme une saga à suspense. On suit la vie
de plusieurs personnages, dont la vie est liée à ce tableau, à différentes époques (début du XXè siècle, krach
boursier de 1929, années 50 et contemporaines) et lieux (Vienne, Texas, New York & Italie).
Ce livre a été globalement apprécié pour le romanesque de la vie des personnages liée à des faits réels.
Il est défini comme une fresque, un roman foisonnant, invitant aux voyages dans le temps et l’espace
Certaines l’ont lu d’une traite, d’autres ont éprouvé le besoin de faire des pauses dans la lecture, car la mise en
place des divers personnages ne laisse pas deviner rapidement leurs liens et leur lien avec le tableau, (le
tableau lui même n’est évoqué qu’au chapitre 8).
Les lectrices ont été très intéressées par l’histoire du tableau mais se sont attachées aux personnages fictifs :
Martha, la jeune femme, abusée, rejetée et modèle de Klimt, Isidore le cireur de chasseurs qui devient un
industriel riche et épouse son amour de jeunesse, Pearl sa fille découverte et reconnue à la fin de sa vie.
Le livre propose, après un vrai suspense, une résolution (totalement inventée) de l’énigme du vol du tableau
en 1997, restitué au musée en 2019. Ce livre, sans le support de ce fait historique, serait plus fade.
Des réserves ont été exprimées :
- sur la difficulté de certaines de se retrouver dans ce livre, avec beaucoup de rebondissements,
- sur le côté trop romanesque,
- sur les débuts assez confus et une difficulté à relier les personnages.
La fin a été trouvée un peu trop synthétique, bâclée ? Rocambolesque avec des points non expliqués.
Mais, l’impression générale est celle d’un roman agréable à lire avec une écriture plaisante, une description
des différentes époques précise et crédible et une vraie originalité du sujet..
POST MORTEM
d'Olivier Tournut
Ce roman est un polar, un premier roman qui a reçu le prix du Quai des Orfèvres. L’intrigue se passe dans le domaine du trafic de tableaux réalisés par des faussaires.
Ceux-ci choisissent de reproduire des tableaux célèbres dont l’artiste a peint des séries, ou des tableaux perdus, volés, disparus… Géographiquement, l’action se passe à Paris, et permet ainsi une belle balade dans les rues et places de Paris.
Les participantes ont été choquées par la première scène de crime, particulièrement atroce ; certaines ont eu du mal à aller au-delà.
Globalement, nous avons aimé voir comment l’auteur mène l’enquête, avec une écriture très visuelle, et un double récit (celui du narrateur et celui de l’assassin).
Nous avons aussi appris comment déceler un faux.
Les lectrices du groupe de lectures partagées ont apprécié que l’enquête soit menée par deux femmes policières, mais regrettent que l’auteur leur donne des défauts souvent associés aux hommes (violence, alcool…) et ne développe pas leur psychologie.
Un débat s’instaure sur les différents auteurs de polars, anciens, ou modernes tels que : Mo Malo, Sonja Delzongle, Arnaldur Indridason, Camila Läckberg, Bernard Minier, Franck Thilliez, Elisabeth George, etc… Deux lectrices ont souligné l’excellente analyse psychologique des personnages dans les romans d’Elizabeth George (« anatomie d’un crime »). A signaler la parution récente de cette autrice : « une lente agonie ».




